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    L’UC DIT “NIET” À TOUT : POUR QUELS OBJECTIFS ?

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    De retour de leur mission à Paris, les représentants de l’Union Calédonienne ont-ils été désavoués par leur commission exécutive ? Si des rencontres ont bel et bien eu lieu pendant la semaine consacrée à l’avenir de la Nouvelle-Calédonie, et que l’impression générale était plutôt à l’optimisme, on ne peut pas oublier la prudence affichée par les élus indépendantistes, et en particulier ceux de l’UC. Des réunions à trois, mais ce n’était pas des trilatérales. A l’écoute des diverses propositions, mais pas de prise de position. Mais il n’empêche. La réponse de la commission exécutive a été cinglante.

    En clair, c’est un “niet” à tout, et en prime, une sorte de “bras d’honneur” à Emmanuel Macron. Pour l’UC, d’abord, l’État est “l’État Macron”, histoire de viser directement le président de la République. Quant à la méthode de cet “État Macron”, l’UC la qualifie aimablement de “fumeuse, hasardeuse et démunie de sens“. Conclusion provisoire : plus le moindre contact avec tout représentant de “l’État Macron”. Une sorte de “geste fort”.

    Mais tout de même, l’Union Calédonienne fixe une première limite au boycott : le congrès du parti du 9 au 12 novembre. Mais rien de permet d’imaginer qu’il ne se poursuivrait pas au delà, à moins d’un revirement stratégico-tactique.

    Alors une question brûle évidemment toutes les lèvres : que cherche l’UC ?

    L’objectif affiché est le fameux “traité d’indépendance” pour 2025, au terme d’un accord bilatéral avec la France, dans l’ignorance du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes consacré par l’Onu sous la forme d’un référendum dit d’autodétermination. Même pas en rêve !

    Ceci étant posé, il en existe un, et de taille : la conquête de la province Nord. L’UC sait que, quoi qu’il arrive, des élections provinciales auront lieu l’an prochain. Trois options s’offrent à elle : le boycott “inerte”, le boycott “actif” et la participation aux élections.

    Le boycott “inerte” est naturellement à exclure. Il n’aboutit qu’à un résultat : la perte de tout pouvoir, et en primes la suppression de centaines d’emplois de militants dans les institutions, les cabinets, les SEM, les entreprises contrôlées par les institutions ainsi que dans les établissements publics.

    Le boycott “actif” serait une option. Mais on sait ce qu’il a donné dans une expérience toute récente pour la reprise de l’usine du sud, et le revers subi au total par celles et ceux engagées pour que la Sofinor et Corean Zinc prennent le contrôle de l’installation.

    Une stratégie pour gagner la province Nord est plus vraisemblable. La collectivité représente un “actif” colossal, aussi bien en terme de pouvoir, qu’au plan économique avec KNS, la NMC, l’usine en Corée du Sud, la SMSP, Sofinor, et … tout le reste. Depuis des années, l’UC bataille pour arracher la présidence à Paul Neaoutyne. Or, la situation de la Nouvelle-Calédonie pourrait modifier les équilibres en sein du monde indépendantiste.

    En effet, soit le Palika et son allié l’UPM se rangent dans le camp de la radicalité aux côtés de l’UC, et alors les conséquences pour la province Nord autant que pour le gouvernement Mapou risque d’être lourdes, face à un État déterminé. Soit le Palika confirme sa position exprimée dans un de ses récents communiqués : une période transitoire et au bout du chemin, un choix offert aux Calédoniens de définir aux-mêmes la nature des liens avec la France. Dans cette deuxième hypothèse, l’UC, bien sûr, n’aurait de cesse de dénoncer ce qu’elle pourrait présenter comme une forme de renoncement à l’indépendance, du moins, “tout de suite”.

    Les toutes prochaines semaines vont éclairer ce débat. Mais les enjeux immédiats, pour les deux “partenaires-adversaires” indépendantistes, sont profondément différents : l’UC, avec un Vice-président du parti en embuscade au gouvernement, n’a aucun scrupule à jouer la politique de la terre brûlée, tandis que le Palika est aux commandes de la province Nord et du gouvernement. Là où le réalisme s’impose à l’idéologie.

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