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« ILS VEULENT RECONSTRUIRE LE CAILLOU » – JÉRÉMIE, CONSEILLER COMMERCIAL

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Depuis le 13 mai, la Nouvelle-Calédonie traverse une crise sociale de grande ampleur, dont les conséquences se feront ressentir encore longtemps. Si certains ont pris la décision de quitter le Caillou, d’autres souhaitent reconstruire. Rencontre avec ceux qui font le pari de l’avenir en Calédonie.

 Jérémie Biliquey est arrivé sur le territoire alors qu’il n’avait que deux mois. Depuis, il n’a jamais quitté le Caillou, a rencontré une calédonienne, et a fondé une famille. La crise, il la sentait venir. « C’était perceptible bien avant, souligne-t-il. Il y avait tous les signes d’une crise en approche. D’une certaine manière, on se préparait tous à une décroissance économique, mais aujourd’hui on est face à un problème bien plus grand à appréhender ». Dès le début des évènements, Jérémie a prêté main forte pour protéger son quartier, où il vient d’acheter un appartement qu’il partage avec sa compagne et sa petite fille de trois ans. Malgré les incertitudes, Jérémie s’estime chanceux : « ma famille va bien, mes biens matériels sont intacts, donc ça va… mais je le vis comme toute personne qui voit le pays dans lequel il vit partir sur le déclin ».

Le conseiller commercial a été grandement impacté dans sa vie professionnelle puisqu’il travaille dans le secteur automobile. « Je suis dans le commerce, la vente automobile, explique-t-il. Nous avons repris le travail il y a quelques semaines, mais il ne se passe absolument rien. Je travaille dans le secteur de la vente aux professionnels, mais aujourd’hui personne n’a assez confiance en l’économie pour investir dans un nouveau véhicule de travail ». D’autant plus qu’une partie du stock de l’entreprise a brûlé, constituant une perte de plusieurs centaines de millions de francs CFP. Ce manque à gagner impacte directement sa vie personnelle, puisque Jérémie a dû faire des démarches pour reporter certaines échéances financières.

Malgré tout cela, Jérémie n’a pas l’intention de partir, même s’il admet que l’idée lui a traversé l’esprit, « surtout pour protéger ma fille », justifie-t-il. « Mais il y a un pays à reconstruire. Voir cet élan de reconstruction peut être très intéressant, et nous avons envie d’y participer ».

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