AccueilCulture Calédonienne"ILS VEULENT RECONSTRUIRE LE CAILLOU" - KUBY, ARTISTE

« ILS VEULENT RECONSTRUIRE LE CAILLOU » – KUBY, ARTISTE

Publié le

Depuis le 13 mai, la Nouvelle-Calédonie traverse une crise sociale de grande ampleur, dont les conséquences se feront ressentir encore longtemps. Si certains ont pris la décision de quitter le Caillou, d’autres souhaitent reconstruire. Rencontre avec ceux qui font le pari de l’avenir en Calédonie.

Kuby se définit comme un artiste « couteau-suisse » : graph, tatouage, musique… Il multiplie les canaux d’expression. Cela fait 11 ans qu’il est en Nouvelle-Calédonie. « Je suis arrivé en juin 2013 sur le territoire, raconte-t-il. J’ai grandi à Aubagne, dans la banlieue de Marseille. Je me suis engagé dans l’armée à 20 ans, et nous sommes venus en mission en Nouvelle-Calédonie. Et là, coup de cœur. J’ai eu la chance d’être accueilli à la tribu de Ba à Houaïlou, à la tribu de N’Dé à Païta… En quatre mois, j’ai construit des amitiés exceptionnelles, le genre d’amitié que je n’avais pas réussi à créer en France en vingt ans. Je suis rentré avec l’idée de revenir au plus vite ». Étonnamment, ce n’est pas la première fois que Kuby est confronté à une crise sociale : « Nous avons quitté la France pour les mêmes raisons que ce que nous vivons aujourd’hui, explique-t-il. La violence dans les quartiers, la misère sociale, les problèmes de racisme… ». Pourtant, pour lui, il n’est pas question de partir : « C’est maintenant, si on aime la Calédonie, qu’il faut rester pour aider à reconstruire. Ce ne sera pas facile, il faudra se serrer la ceinture et il y aura des choses qu’on aura plus. Mais moi, j’aime la Calédonie et je n’ai pas envie de l’abandonner. En France, je n’étais pas artiste professionnel. C’est la Calédonie qui m’a permis de vivre de ma passion, et j’en suis bien conscient. Je n’oublie pas que le pays m’a donné cette chance et je ne me vois pas quitter le navire maintenant que j’ai développé mon art et qu’il est commercialisable. C’est le pays qui m’a fait, c’est le pays qui a fait ma carrière, donc on va rester ».

« C’est maintenant, si on aime la Calédonie, qu’il faut rester pour aider à reconstruire »

Le local dans lequel il venait de s’installer en février dernier, a été détruit lors des émeutes. « Mais j’ai de la chance, car le produit que je vends est « en » moi, c’est mon art, souligne-t-il. Si je n’ai plus certains outils, j’en utiliserai d’autres. Je vais m’en sortir, car je peux être artiste dans n’importe quelle condition, dans n’importe quelle circonstance. Mon local a brûlé le 14 mai, et depuis, j’ai été porté par un élan de solidarité qui fait en sorte que j’ai pu reprendre le travail un mois plus tard ». Pour l’avenir, Kuby ne fait pas de plans sur la comète : « je vis au jour le jour, je prends soin des miens, je reviens à des choses plus essentielles, et je réapprends à aimer des choses qui nous semblaient normales auparavant ».

<Photo – crédit Bruno Moure>

Les derniers articles

FRANCE : UNE JOURNÉE DE MANIFESTATIONS CONTRE LA VIE CHÈRE QUI DÉGÉNÈRE EN VIOLENCES

La France a connu samedi 17 octobre une journée de fortes tensions sociales, marquée...

ENCORE DES PERTURBATIONS CHEZ AIRCALIN : UN VOL VERS PORT-VILA REPROGRAMMÉ HIER, UN AUTRE PRÉVU DEMAIN

En raison d’une contrainte liée à la disponibilité de son équipage, Aircalin a été...

AU PARC ZOOLOGIQUE ET FORESTIER, L’ART SE MET AU VERT

Le parc provincial zoologique et forestier Michel-Corbasson se transforme en espace de création artistique....

LE LEXIQUE DU “FRANÇAIS DE NOUVELLE-CALÉDONIE” : AUJOURD’HUI “JAMAIS FINI KAKSÉ”

Il existe, en Nouvelle-Calédonie, aux côtés de la culture kanak, une culture régionale française,...

L’ACTUALITÉ – SAMEDI 17 OCTOBRE 2026

PAÏTA : LA FÊTE DU BŒUF FAIT SON GRAND RETOUR DIMANCHE À GADJI AVEC...

MÉTÉO : UN SAMEDI VENTEUX ET NUAGEUX, AVANT LE RETOUR PROGRESSIF DES ÉCLAIRCIES

Le week-end débute sous un ciel souvent nuageux en Nouvelle-Calédonie, mais avec peu de...

Articles similaires

LE LEXIQUE DU “FRANÇAIS DE NOUVELLE-CALÉDONIE” : AUJOURD’HUI “JAMAIS FINI KAKSÉ”

Il existe, en Nouvelle-Calédonie, aux côtés de la culture kanak, une culture régionale française,...

RÉTRO : QUAND TABARLY AVAIT VENDU PEN DUICK IV (MANUREVA) À ALAIN COLAS À NOUMÉA

Merci à Gérard Cauville d’avoir publié ces merveilleuses photos de Tabarly à Nouméa en...

LE LEXIQUE DU “FRANÇAIS DE NOUVELLE-CALÉDONIE” – AUJOURD’HUI L’EXPRESSION : “IL EST BON ?

Il existe, en Nouvelle-Calédonie, aux côtés de la culture kanak, une culture régionale française,...