Manuel Valls l’avait annoncé, lors de sa conférence de presse qui suivait l’échec des négociations lors du « conclave » tenu à l’hôtel Sheraton de Deva, entre lui-même, Eric Thiers conseiller spécial du Premier ministre, et l’ensemble des formations politiques de Nouvelle-Calédonie.
En effet, compte tenu de l’absence d’un accord sur le corps électoral, le ministre des Outremer avait indiqué que le scrutin des provinciales se tiendrait cette année avec le corps électoral actuel, lequel demeure « gelé » en raison de sa non-modification.
Les Loyalistes et le Rassemblement avaient immédiatement réagi en indiquant que, se fondant sur l’avis du Conseil d’État rendu au gouvernement de la République le 23 décembre 2023, ils contesteraient la validité de ce corps électoral, contraire aux principes de la Constitution de la République, et en contradiction avec les principes de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, autant qu’avec ceux de la Charte des Nations Unies.
Le ministre d’État est aujourd’hui plus prudent devant la représentation parlementaire. Interrogé par le Sénateur Georges Naturel, il n’a pas voulu se prononcer, ni sur la date des élections, ni sur son corps électoral. Il a préféré indiquer que les négociations vont se poursuivre, faisant sans doute allusion au Comité de Suivi qu’il va mettre en place, et son espoir de voir les échanges progresser.
Cependant, la machine étatique a été mise en route. Le nouveau Haut-Commissaire a annoncé au micro de RRB que, répondant aux instructions du « ministre d’État, ministre des Outremer », il lançait le travail de préparation pour que le scrutin puisse se dérouler dans les meilleures conditions dans les délais prévus, c’est-à-dire, le 30 novembre 2025 au plus tard.
Ces informations signifient clairement que la campagne électorale est virtuellement lancée. Pourtant, est-on définitivement sûr que les élections s’effectueront avec ce corps électoral représentant « un déni de démocratie », comme le déclarait en 2007 au Sénat, un certain … Bruno Retailleau face au ministre de l’Outre-mer François Baroin, venu défendre le « gel » devant la haute Chambre ? Le même Bruno Retailleau, aujourd’hui ministre de l’Intérieur, acceptera-t-il de signer un tel décret de convocation des électeurs ? Celui-ci peut-il être mis en échec juridiquement, cet échec rejaillissant sur le gouvernement Bayrou ? Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, acceptera-t-il sans sourciller, de couvrir ce « déni de démocratie » ? État du dossier et éléments de réflexion dans les lignes qui suivent.