Il existe, en Nouvelle-Calédonie, aux côtés de la culture kanak, une culture régionale française, la culture calédonienne. Livres, théâtre, cinéma, poésie, cuisine ou traditions s’expriment évidemment en langue française. Mais ce « français calédonien » possède ses accents, ses tournures de phrases et son vocabulaire particulier. Ainsi, un Parisien, un Marseillais ou un Réunionnais auront du mal à comprendre l’intégralité des aventures de “Tonton Marcel”. Une expression du lexique calédonien aujourd’hui : “jamais fini kaksé”
« Jamais fini kaksé », voilà bien une expression endémique à la Nouvelle-Calédonie, que, par définition, on ne trouvera nulle part ailleurs. Celle-ci n’a été créée ni par des lycéens, ni par des collégiens, ni par les réseaux sociaux. Elle est issue d’un métissage du parler français par les premiers travailleurs indonésiens. Dans leur langue originelle, la grammaire est différente, pour ce qui concerne les pronoms personnels ou les verbes notamment.
Ainsi, par exemple, « j’ai mangé » se traduit littéralement par « moi déjà mangé », « saya soudah makan ».
Pour bien comprendre le contexte, l’expression résulte d’une publicité mettant en scène un Calédonien d’origine indonésienne qui vante la fiabilité durable d’un produit commercial. « Cette chose ne va jamais casser » ou « ce produit est à ce point durable qu’il va durer longtemps » s’est traduit par l’exclamation « Sula jamais fini kaksé ». « Kaksé » étant « cassé » prononcé par l’accent. Et « fini » étant employé dans le sens d’un futur, d’une occurrence à venir, ou d’un état présent.
« Moi fini fatigué », c’est l’état présent. « Je suis fatigué ». « Toi fini couillonné moi », c’est « tu m’as trompé, ou tu m’as menti»,
« Jamais fini kaksé » n’est certes pas utilisé dans le parler français calédonien au quotidien, mais c’est une expression humoristique qu’on utilise localement pour suggérer la longévité ou la durabilité.
La publicité, en tout cas, a fait recette. Elle a marqué notamment les téléspectateurs calédoniens autant que « On est une équipe sympa, chez Sovica » …



