Les États-Unis ont demandé, le 15 octobre à New York, la suppression du Comité spécial de la décolonisation (C-24), chargé du suivi des 17 territoires non autonomes encore inscrits sur la liste de l’ONU, dont la Nouvelle-Calédonie.
Un organe jugé dépassé
C’est l’ambassadrice adjointe des États-Unis aux Nations unies, Tammy Bruce, qui a porté cette position devant la Quatrième Commission de l’Assemblée générale. Selon elle, le Comité spécial « a perdu sa raison d’être initiale », alors que plus de 80 anciennes colonies ont depuis rejoint l’ONU. Elle lui reproche de réexaminer chaque année les mêmes textes et a fustigé ses « déplacements annuels » vers des « lieux de villégiature dans les Caraïbes et dans le Pacifique Sud », qu’elle assimile à un gaspillage de ressources. Elle a aussi dénoncé les auditions consacrées chaque année à Porto Rico, retiré de la liste en 1953.
Vote contre tous les textes
À la demande de Washington, chaque projet a fait l’objet d’un vote enregistré, y compris ceux portant sur les six territoires du Pacifique, habituellement adoptés par consensus. Les États-Unis et Israël ont été les seuls à voter contre l’ensemble des textes, qui ont tous été approuvés. Sur la résolution relative aux informations transmises par les puissances administrantes, le score a été de 160 voix pour et 2 contre ; la France s’est abstenue, comme le Royaume-Uni et le Paraguay.
Les Églises du Pacifique protestent
Depuis Suva, la Pacific Conference of Churches a rejeté l’appel américain. Selon elle, mettre fin au mandat du C-24 reviendrait à réduire au silence les peuples concernés.
Créé en 1961, le Comité spécial est un organe subsidiaire de l’Assemblée générale. Il veille à l’application de la Déclaration de 1960 sur l’octroi de l’indépendance aux pays et peuples coloniaux.


