La Chambre territoriale des comptes dresse un constat sévère de la politique de formation professionnelle destinée aux jeunes éloignés de l’emploi. Gouvernance fragmentée, moyens financiers en baisse, difficultés à identifier les publics et couverture insuffisante : malgré certains dispositifs efficaces, l’impact sur l’insertion durable demeure limité.
Le défi est considérable. Selon les données analysées par la Chambre, près de 27 % des 15-29 ans, soit environ 15 800 jeunes, étaient considérés comme NEET, c’est-à-dire sans emploi, ni études, ni formation. L’ISEE estime plus précisément entre 7 000 et 12 000 le nombre de jeunes réellement éloignés de l’emploi en 2023. Entre 800 et 1 000 décrocheurs supplémentaires quitteraient chaque année leur cursus sans diplôme ni solution.
Une gouvernance jugée défaillante
La Chambre relève un « décalage persistant » entre les ambitions affichées et leur mise en œuvre. La conférence des exécutifs ne s’est ainsi pas réunie entre 2020 et 2025, tandis que le CSEIFOP n’est pas parvenu à élaborer un schéma directeur commun. Les crédits consacrés à la formation professionnelle ont par ailleurs été divisés par deux en dix ans.
Autre faiblesse : le territoire peine à identifier et suivre les jeunes concernés. L’absence d’un identifiant unique empêche de croiser efficacement les données et les différents acteurs travaillent encore avec des systèmes insuffisamment coordonnés.
Seulement 4 à 8 % du public cible pris en charge
Entre 2020 et 2025, plus de 6 200 personnes ont bénéficié des formations pilotées par la Nouvelle-Calédonie. Mais seuls deux dispositifs sur cinq sont véritablement consacrés aux jeunes éloignés de l’emploi, avec une prise en charge annuelle représentant seulement 4 à 8 % de la population cible. Les formations certifiantes obtiennent toutefois des taux de réussite et d’insertion généralement supérieurs à 60 %.
La Chambre formule finalement six recommandations, parmi lesquelles la simplification de la gouvernance, la création d’un identifiant unique, un système d’information partagé, davantage de formations certifiantes répondant aux besoins des entreprises et des solutions aux difficultés de transport et d’hébergement.


