Dans son livre Le casse du siècle, Sarah Knafo dresse un réquisitoire contre quarante années de gestion publique française. L’eurodéputée entend démontrer, chiffres et mécanismes à l’appui, comment l’accumulation de décisions politiques, de dépenses et de dysfonctionnements aurait progressivement affaibli le pays. Un ouvrage résolument politique, présenté par son auteure comme une enquête dans un passionnant polar fiscal.
Le titre donne immédiatement le ton. Pour Sarah Knafo, ce qui est arrivé à la France ne résulterait ni d’un complot ni de l’action d’un responsable unique, mais d’un long enchaînement de décisions, de renoncements et de calculs politiques dont les effets se seraient accumulés pendant quatre décennies.


L’auteure emploie volontairement le vocabulaire de l’enquête criminelle. Elle parle de « casse », de préjudice, de responsables et de complices. Selon elle, ce « casse » est parfaitement légal : les décisions qu’elle met en cause ont été votées par le Parlement, inscrites dans les textes et appliquées par les administrations.
« Suivre l’argent »
Son fil conducteur tient en trois mots : « suivre l’argent ». Sarah Knafo veut examiner d’où vient l’argent public, comment il circule et où il est dépensé. Dépenses publiques, fiscalité, administrations, subventions, services publics ou encore fonctionnement de l’État doivent ainsi constituer les pièces du dossier qu’elle entend instruire.
Pour légitimer cette démarche, elle s’appuie largement sur son propre parcours. Elle évoque Sciences Po, l’ENA, les préfectures, la diplomatie, le Parlement européen, mais surtout son expérience de magistrate à la Cour des comptes. Une institution dont elle rappelle la mission de contrôle de l’utilisation de l’argent public et où elle dit avoir pu observer de l’intérieur les rouages administratifs. Extrait.


