À la veille de la signature d’un protocole d’accord stratégique entre l’Union européenne et la Nouvelle-Calédonie, Stéphane Séjourné a tenu à rassurer les élus du Congrès. L’Europe ne cherche ni à prendre le contrôle des ressources calédoniennes ni à imposer une relation commerciale exclusive. Elle entend au contraire contribuer à la reconstruction d’une filière nickel solide, créatrice de valeur ajoutée locale et disposant de débouchés industriels durables.
La maîtrise des ressources restera calédonienne
« Nous ne vous demandons pas de céder la maîtrise de la richesse de vos terres. » Devant les élus du Congrès, le vice-président exécutif de la Commission européenne a voulu lever toute ambiguïté sur les intentions de Bruxelles.
Le futur partenariat ne contraindra pas les décideurs calédoniens dans leurs choix concernant l’exploitation et la commercialisation du nickel. Stéphane Séjourné a toutefois souligné que cette liberté s’accompagnait d’une responsabilité dans la gestion de la ressource.
Il a également insisté sur la volonté européenne de développer des filières locales créatrices de valeur ajoutée, dans le respect de normes environnementales exigeantes et en associant les communautés concernées.
Une approche qu’il oppose aux pratiques jugées agressives de certains pays dans la compétition internationale pour les matières premières critiques.
Une convergence d’intérêts économiques et stratégiques
Le rapprochement entre l’Europe et la Nouvelle-Calédonie répond à deux préoccupations complémentaires.
Depuis le déclenchement de la guerre en Ukraine, dans un contexte de tensions géopolitiques croissantes, l’Union européenne cherche à réduire sa dépendance à l’égard de quelques grands pays producteurs. Sa stratégie vise notamment à éviter qu’un seul pays tiers représente plus de 65 % de sa consommation annuelle d’une matière première stratégique.
De son côté, la Nouvelle-Calédonie doit reconstruire une filière nickel fragilisée par les difficultés économiques et industrielles.
Pour Stéphane Séjourné, la sécurisation de débouchés européens pourrait contribuer à rassurer les investisseurs et les candidats à la reprise des usines métallurgiques. « C’est là que nous nous rencontrons », a-t-il résumé, soulignant la complémentarité des intérêts européens et calédoniens.
Un accord sans exclusivité commerciale
Le responsable européen a également précisé la portée du protocole d’accord, ou Memorandum of Understanding (MOU), dont la signature est prévue mardi matin.
Il ne s’agit pas d’un contrat commercial exclusif, mais d’un cadre de coopération destiné à faciliter le rapprochement entre producteurs calédoniens et industriels européens. La Nouvelle-Calédonie conservera donc la possibilité de diversifier ses marchés et de rechercher d’autres partenaires.
L’Union européenne souhaite, pour sa part, favoriser un marché international du nickel dans lequel les différents producteurs puissent trouver leur place.


