Les Calédoniens peuvent être légitimement fiers de la biodiversité de leur archipel (2e « hot spot » mondial après Madagascar) comme de leur endémisme végétal ( 3e rang mondial derrière Hawaï et la Nouvelle-Zélande). Dans le domaine des espèces animales, c’est une redécouverte exceptionnelle qui vient d’être réalisée. Le nyctophile néo-calédonien, petite chauve-souris endémique classée en danger critique d’extinction, a été capturé au parc provincial de la Rivière Bleue. Cette observation, fruit de deux années de recherches, ouvre de nouvelles perspectives pour l’étude et la préservation d’une espèce encore largement méconnue.
Le nyctophile néo-calédonien, Nyctophilus nebulosus de son nom scientifique, figure sur la liste rouge de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), dans la catégorie des espèces en danger critique d’extinction.
Décrite pour la première fois en 2002, après la capture de spécimens près des monts Koghis et dans la vallée de la Ny, cette chauve-souris insectivore n’avait depuis été observée qu’une seule fois, en 2021, dans les hauteurs de la réserve de la Haute-Dumbéa.
Sa découverte au parc de la Rivière Bleue laisse espérer la présence d’autres individus dans le Grand Sud.
Deux années de recherches récompensées
Cette capture est le résultat de deux années de prospection menées bénévolement par trois spécialistes passionnés des chauves-souris : Mélanie Boissenin, Damien Brouste, et Thomas Duval.
La tâche était particulièrement difficile. Nocturne et de petite taille, cette espèce émet des ultrasons d’écholocation extrêmement faibles, qui peuvent échapper même aux appareils de détection spécialisés. L’animal a finalement été capturé dans un filet spécialement conçu pour l’étude des chauves-souris.
Une signature acoustique désormais connue
Dès sa capture, le spécimen a été mesuré et ses émissions ultrasonores enregistrées.
C’est l’une des avancées majeures de cette découverte : les chercheurs disposent désormais de la signature acoustique de l’espèce, jusqu’alors inconnue. Ces données devraient faciliter sa détection lors de futures campagnes de prospection et permettre de mieux comprendre sa répartition géographique.
La première priorité des spécialistes sera de confirmer la présence d’une petite population dans le secteur, afin de pouvoir mener des observations régulières.
Identifier son habitat et les menaces qui pèsent sur elle
Les recherches devront ensuite permettre de mieux connaître les déplacements de cette chauve-souris, ses techniques de chasse et surtout ses lieux de repos pendant la journée. Les scientifiques souhaitent également identifier les pressions qui pèsent sur elle.
Parmi les menaces envisagées figurent notamment les espèces invasives, en particulier les chats et les rats. Ces informations seront essentielles pour envisager des mesures de protection adaptées.



