En annonçant sa volonté de faire adopter avant le 31 décembre les réformes du régime de retraite du privé et du RUAMM, le gouvernement calédonien s’attaque à un véritable Everest. Les déficits sont tels qu’il ne s’agit plus de colmater les brèches. Il faut désormais repenser en profondeur un système qui, faute de décisions suffisantes pendant des années, menace directement les finances et l’autonomie de la Nouvelle-Calédonie.
Le chiffre donne le tournis : en 2027, les besoins cumulés des deux grands régimes sociaux en difficulté pourraient atteindre quarante milliards de francs. Évidemment, personne n’imagine trouver en quelques mois l’équivalent en économies ou en recettes nouvelles. L’enjeu est ailleurs : construire une trajectoire crédible permettant de rétablir progressivement les équilibres et de résorber les déficits.
Et cette fois, le temps manque.
Les retraites : des leviers connus
Pour le régime de retraite CAFAT, la Nouvelle-Calédonie n’en est pas à son coup d’essai. Des mesures ont déjà été prises au cours de la dernière décennie pour tenter d’assurer sa pérennité. Mais la dégradation économique, puis la contraction brutale de l’emploi et le départ de milliers d’actifs, notamment après les événements de mai 2024, ont bouleversé les projections.
Les leviers sont connus. Il faudra probablement agir sur plusieurs paramètres simultanément : cotisations, conditions d’obtention d’une retraite à taux plein, âge de départ et, éventuellement, participation



