Au 31 octobre 2026, l’Observatoire de l’environnement en Nouvelle-Calédonie (ŒIL) a recensé 274 incendies depuis le début de l’année pour 322 détectés. Un bilan inférieur de près de 19 % à la médiane historique, marqué par une nette diminution des départs de feu en octobre. Mais la province Nord concentre l’essentiel des superficies potentiellement concernées et plusieurs secteurs sensibles pour la biodiversité et les ressources en eau ont été touchés.
Une activité en recul après un mois de septembre intense
Selon le dernier bilan de l’ŒIL, établi à partir des observations satellitaires, les 274 incendies recensés au 31 octobre placent l’année 2026 dans la moyenne des quinze dernières saisons étudiées, au septième rang par ordre croissant.
Après une accélération durant l’hiver austral, avec 21 nouveaux incendies en juillet, 41 en août et 95 en septembre, le mois d’octobre marque un ralentissement sensible : 50 nouveaux feux ont été détectés.
Le rythme quotidien a ainsi diminué de 49 %, passant de 3,17 incendies en septembre à 1,61 en octobre.
Près de 90 % des superficies concernées dans le Nord
La répartition géographique révèle une forte concentration des incendies en province Nord, qui représente 90,5 % des emprises satellitaires recensées.
L’incendie le plus important a été détecté à Koumac le 20 septembre, avec une emprise estimée à 1 314 hectares. Ouégoa figure également parmi les communes particulièrement concernées.
Au total, les emprises identifiées atteignent environ 9 831 hectares. L’ŒIL précise toutefois qu’il ne s’agit pas de surfaces effectivement brûlées, mais de zones potentiellement concernées, dont l’étendue réelle devra être confirmée par des observations plus précises.
Des enjeux majeurs pour l’eau et la biodiversité
Au-delà du nombre d’incendies, l’Observatoire souligne leur présence dans des secteurs écologiquement sensibles.
Plusieurs feux ont concerné des bassins versants utilisés pour l’alimentation en eau potable, des périmètres de protection des eaux et des zones abritant des espèces menacées.
Trois aires protégées figurent notamment parmi les espaces concernés : le mont Panié, Hyabé-Lé Jao et le parc des Grandes Fougères.
Une fin d’année sous surveillance
L’accalmie d’octobre ne signifie pas que la saison des incendies est terminée. Historiquement, plus d’un cinquième des feux annuels sont détectés en novembre et décembre.
La vigilance est d’autant plus nécessaire que les précipitations ont été fortement déficitaires ces derniers mois. Les prévisions saisonnières de Météo-France annoncent également un début de saison chaude plus sec et plus chaud que la normale, sous l’influence d’El Niño.
L’ŒIL appelle donc à maintenir la surveillance, rappelant qu’un nombre d’incendies relativement modéré peut néanmoins provoquer des dommages importants sur les milieux naturels et les ressources en eau.
Image Observatoire de l’environnement Nouvelle-Calédonie


