Le moins que l’on puisse dire, c’est que dans son rapport consacré à la Société de développement des îles, la Sodil, la Chambre territoriale des comptes ne se contente pas de relever les difficultés financières ou les anomalies de gouvernance de cette entité. La Chambre pose une question beaucoup plus fondamentale : la Sodil peut-elle continuer à fonctionner selon un modèle qui dépend durablement de l’argent public, celui de la province des îles Loyauté, sans que l’efficacité économique et sociale des fonds publics engagés soit réellement mesurée ?
100 FILIALES ET PARTICIPATIONS, ET UN DÉFICIT CONSIDÉRABLE
La Chambre rappelle que la Sodil a été créée en 1991 pour soutenir le développement économique des Loyauté, dans plusieurs secteurs, celui du tourisme, de la pêche, de l’agroalimentaire, des transports ou encore de la filière cocotier. C’est ainsi que la société dispose aujourd’hui d’un considérable portefeuille de 100 filiales et participations.
Mais derrière ces chiffres impressionnants, la Chambre dresse un constat sévère. Avant même la crise de mai 2024, la situation financière de la société était déjà fragile. Entre 2020 et 2024, la holding a accumulé 1,758 milliard de pertes. À l’échelle du groupe, pratiquement tous les pôles enregistrent également des résultats négatifs.
La trésorerie disponible à la clôture de 2024 est encore plus préoccupante. Elle ne permettait pas de faire face aux 1,510 milliard d’engagements de remboursement envers des investisseurs. Pire, des fonds provenant d’opérations de défiscalisation locale ont même été utilisés pour répondre aux difficultés de trésorerie, contrairement à leur objet. D’ailleurs, une procédure


