Alcide Ponga, désormais en charge de l’énergie au gouvernement, s’est rendu récemment sur le site de Gadji où se trouve une première unité de production d’électricité à partir de biogaz, Gadji Energies. Si en raison, pour l’heure, d’une production de biogaz insuffisante, l’installation, créée en 2024, n’a pas atteint son point d’équilibre, la bascule pourrait notamment être réalisée par un ajustement de tarif.
C’est que la production d’énergie à partir du biogaz présente de nombreux intérêts : elle fonctionne “H24” et 7 jours sur 7 avec une grande prédictibilité, alors que les énergies renouvelables comme le photovoltaïque ou l’éolien sont éminemment variables en fonction des conditions météo en particulier.
De surcroît, la valorisation réalisée par Gadji Energies évite que le méthane contenu soit brûlé dans une torchère, laquelle entraînerait une production de dioxyde de carbone (CO2) relâchée dans l’atmosphère.
Viser le long terme et la durabilité
Alors que les volumes de biogaz produits étaient connus, le concepteur du projet de Gadji a préféré estimer les volumes valorisables et a dimensionné le moteur destiné à produire de l’électricité en fonction de ses estimations et non des volumes prévisionnels, censés augmenter au fil des années avec l’apport de nouveaux déchets. Consécutivement l’installation n’atteint pas pour l’instant son équilibre et n’est pas viable au tarif de rachat actuel de l’énergie produite.
Or le système électrique calédonien est justement conçu pour se caler sur les réalités, évitant ainsi de pérenniser un effet d’aubaine. Ainsi, le prix de revient d’un kWh par une centrale photovoltaïque était en moyenne en métropole de 48 FCFP il y a 20 ans, et il est aujourd’hui inférieur à 5 FCFP du fait de l’évolution technologique et de la baisse du prix des panneaux ; bien sûr, les prix de revient avaient temporairement bondi à l’issue de la période Covid. Il n’empêche. L’exécutif a donc la possibilité de moduler à la hausse comme à la baisse les tarifs donnés aux porteurs de projets avant leur réalisation et pendant leur durée de vie.
Une filière durable qui peut se développer
La société Gadji Energies regroupe plusieurs investisseurs : Enercal Energies Nouvelles, Wineo et la société Katchi qui porte les intérêts des quatre tribus de Païta. Elle a sollicité du gouvernement un nouveau tarif nécessaire à l’équilibre économique de leur centrale sachant que ce tarif restera très inférieur aux prix publics payés par les consommateurs calédoniens et comparables aux prix issus des centrales au fioul.


