Un décret publié au Journal officiel ouvre la possibilité d’équiper les policiers municipaux calédoniens d’armes de poing, comme leurs homologues de l’Hexagone. Cette évolution ne sera toutefois pas automatique : les maires devront en faire la demande et chaque agent devra être individuellement autorisé. Jusqu’à présent, certaines communes du Grand Nouméa disposaient déjà de lanceurs de balles de défense, mais pas d’armes à feu de poing.
C’est une évolution importante pour les polices municipales de Nouvelle-Calédonie. Le décret n° 2026-899 du 28 septembre 2026, publié au Journal officiel le 29 septembre, modifie les dispositions relatives à leur armement. Le texte entrera en vigueur le dixième jour suivant sa publication.
Il met ainsi fin à une particularité de la réglementation applicable en Nouvelle-Calédonie qui empêchait jusqu’à présent les policiers municipaux de disposer d’armes à feu de poing.
Des calibres 38, 7,65 et 9 mm
Selon Nicolas Metzdorf qui s’est exprimé sur sa page Facebook, le nouveau dispositif permettra aux agents d’être équipés notamment d’armes de calibre .38, 7,65 mm ou 9 mm. « Ce dossier, écrit le député, je le porte depuis des mois. Le 21 avril, j’avais pu recevoir les représentants syndicaux des policiers municipaux en leur promettant de porter cette ouverture. Le 5 septembre, je l’ai porté directement auprès du ministre de l’Intérieur. Je remercie Laurent Nuñez d’avoir été à l’écoute et d’avoir fait droit à une demande juste« .
L’armement ne sera toutefois pas généralisé d’office. Selon les modalités présentées par Nicolas Metzdorf, il nécessitera une demande du maire, une autorisation individuelle délivrée par le haut-commissaire ainsi qu’une formation et un entraînement réguliers.
Nouméa, Dumbéa et le Mont-Dore déjà équipés de LBD
Jusqu’ici aucune commune calédonienne ne pouvait équiper ses policiers municipaux d’armes de poing létales.
En revanche, trois communes du Grand Nouméa avaient déjà équipé leurs agents de lanceurs de balles de défense (LBD) : Nouméa depuis 2017, Dumbéa depuis 2021 et le Mont-Dore depuis septembre 2025. Au Mont-Dore, une dizaine d’agents avaient alors reçu leur habilitation et huit lanceurs avaient été remis à la police municipale.
Le décret ouvre désormais une nouvelle étape : chaque maire disposant d’une police municipale pourra décider s’il souhaite engager la procédure permettant à ses agents de porter une arme à feu, sous réserve du respect des conditions réglementaires.
Une pratique déjà largement répandue dans l’Hexagone
L’autorisation accordée en Nouvelle-Calédonie rapproche ainsi le territoire de la situation existant dans de nombreuses villes de l’Hexagone. Nice, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Montpellier ou encore Cannes, notamment, ont fait le choix d’équiper leurs policiers municipaux d’armes à feu.
À l’échelle nationale, l’armement est désormais largement répandu : selon les données du ministère de l’Intérieur reprises par le Sénat, 77,2 % des policiers municipaux étaient armés en 2023 et 58 % de l’ensemble des agents disposaient d’une arme à feu de poing.


