Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie et l’Union européenne ont officiellement signé, ce mardi 20 octobre, un protocole d’accord stratégique consacré au nickel et aux matières premières critiques. Objectif : renforcer la compétitivité de la filière métallurgique, développer de nouveaux débouchés et favoriser les investissements. Un rapprochement qui ne remet pas en cause la liberté de décision des autorités calédoniennes.
Un accord pour relancer la filière nickel
La cérémonie s’est déroulée à la station N, en présence de nombreuses personnalités et des représentants du secteur minier.
Le document a été signé par Stéphane Séjourné, vice-président exécutif de la Commission européenne, Milakulo Tukumuli, président du gouvernement, et Alcide Ponga, membre du gouvernement chargé des mines.
Ce protocole d’accord, ou Memorandum of Understanding (MOU), établit un cadre de coopération destiné à développer des chaînes de valeur durables autour des matières premières critiques. Plusieurs priorités ont été identifiées : l’amélioration de la compétitivité des usines métallurgiques, les investissements dans les infrastructures énergétiques, la décarbonation des activités et la transformation locale du nickel.
Le partenariat ouvre également la perspective d’une intégration accrue de la production calédonienne dans les chaînes industrielles européennes.
La Nouvelle-Calédonie conserve sa liberté de décision
Stéphane Séjourné a particulièrement insisté sur ce point : la signature du protocole ne signifie pas que l’Europe entend dicter sa stratégie minière à la Nouvelle-Calédonie. « Nous n’obligeons en rien le gouvernement à décider de sa stratégie avec tel ou tel critère », a-t-il déclaré.
Le Congrès et le gouvernement conserveront donc la maîtrise des orientations qu’ils souhaitent donner à la filière nickel, en concertation avec l’État.
Le vice-président exécutif de la Commission européenne souhaite également que cette signature constitue un signal positif pour les investisseurs. L’engagement européen pourrait notamment contribuer à rassurer les candidats à la reprise des usines calédoniennes, confrontées à des difficultés économiques majeures.
Une première étape, pas encore des investissements
Pour les promoteurs de l’accord, cette signature ne représente pas un aboutissement, mais le point de départ d’un travail commun.
Le protocole ne garantit pas, à lui seul, des financements ou des commandes industrielles. Il doit désormais permettre d’identifier des projets susceptibles de bénéficier de partenariats européens.
Dans un contexte de concurrence internationale particulièrement difficile, l’Union européenne cherche à sécuriser ses approvisionnements en matières premières critiques, tandis que la Nouvelle-Calédonie a besoin de débouchés durables pour son nickel. Un rapprochement “gagnant-gagnant”, expression plusieurs fois utilisée par Alcide Ponga.


