La France s’enfonce dans une situation financière de plus en plus préoccupante. Mercredi, le taux d’emprunt de l’État à dix ans a franchi le seuil symbolique des 5 %, une première depuis 2002. Une évolution qui traduit la défiance croissante des investisseurs, accentuée par les violences du week-end. Parallèlement, les prévisions budgétaires annoncent une envolée de la charge annuelle des intérêts de la dette, qui pourrait atteindre près de 15 000 milliards de francs CFP en 2030.
La France emprunte désormais plus cher que l’Italie
Mercredi, le rendement des obligations françaises à dix ans a atteint 5,01 % en clôture, contre 4,93 % la veille. Ce niveau, inédit depuis près d’un quart de siècle, illustre les inquiétudes des marchés financiers quant à la capacité de la France à maîtriser ses finances publiques.
L’écart avec l’Allemagne, considérée comme la référence de sécurité financière en Europe, atteint désormais 1,59 point de pourcentage, son niveau le plus élevé depuis 2011, en pleine crise de la dette souveraine européenne.
Plus préoccupant encore, la France emprunte désormais sensiblement plus cher que l’Italie, dont le taux s’établit à 4,57 %, et l’Espagne, à 4,07 %. Un renversement significatif pour deux pays longtemps considérés comme plus fragiles financièrement.
Les violences survenues durant le week-end ont contribué à renforcer les interrogations des investisseurs sur la stabilité du pays et sur les perspectives de redressement de ses comptes publics.
Près de 15 000 milliards de francs CFP d’intérêts en 2030
Au-delà des tensions immédiates sur les marchés, c’est surtout l’évolution du coût de la dette qui suscite l’inquiétude. Dans son rapport sur le projet de loi de finances pour 2027, Philippe Juvin, rapporteur général du budget à l’Assemblée nationale, présente des projections


