C’est une personnalité du monde coutumier, sportif et politique qui s’en est allée avec le décès de Robert Paouta Naxue. Hommage.
Flash back. On oublie souvent qu’à la fin des années 70, le RPCR était solidement implanté partout en Calédonie, sur la côte Ouest, sur la côte Est, ainsi qu’aux îles Loyauté. Un tiers de ses militants étaient des Kanak résolument attachés à la République.
Robert Paouta Naxue était de ceux-là, mais il n’était pas seul. Les électeurs de Lifou l’avaient en effet porté à la mairie de la plus grande des îles Loyauté.
Sur le plan coutumier, son importance n’était pas mince. Dans le district du Lössi, chef du clan des Api Co, il représentait les guerriers intraitables, gardiens et défenseurs de la grande chefferie.

Dans ses années de lycée, il avait été un sportif renommé pour ses performances en athlétisme, mais également pour ses qualités de footballeur dans une équipe de jeunes Calédoniens, entraînée par Roger Delaveuve. Il portait alors le maillot noir et blancde cette nouvelle équipe, l’USC.
Valéry Giscard d’Estaing et son épouse avaient été reçus à Lifou par Robert Paouta Naxue. Il fut le premier, mais non point le dernier.
Le maire de Lifou, très proche de Dick Ukeiwé, alors en pleine ascension politique et appartenant coutumièrement à la grande chefferie du Lössi, était un gaulliste convaincu, adhérent du RPR, dont Dick Ukeiwé était le secrétaire fédéral.
Comme le rappelle Simon Loueckhote dans un post, il a été la seule autorité locale à avoir fait dormir un président de la République dans une tribu, celle de Hapetra, dans le district de Gaïca, chez César Qenegeï, lui aussi très proche de Jacques Lafleur et grand serviteur de la France. Ce président de la République était Jacques Chirac. Une immense fierté pour “Paoute”, accueillant le fondateur du RPR.
Robert Paouta Naxue fut ensuite élu membre du Congrès après les élections troublées du 18 novembre 1984. En 1988, alors qu’il était président de la compagnie Air Cal, il réceptionna à Paris le premier ATR 42 de la compagnie.
En ce mois de juin, il fut associé, rappelle également Simon Loueckhote, à la signature des accords de Matignon par Jacques Lafleur.
D’une humeur égale, courtois, intelligent, il assumait ses convictions politiques pendant de longues années de mandat, tout en se faisant respecter. Coutumier au plus profond de lui-même, il inspirait le respect par son engagement inébranlable pour le maintien du territoire dans la République.
Noumeapost adresse à sa famille et à son clan ses plus sincères condoléances.
Photo FB Simon Loueckhote – De gauche à droite : Robert Naxue, Nidoïsh Naisseline, Paul Néaoutyne et Simon Loueckhote


