Conduite par Sonia Backes, la liste d’union des quatre partis loyalistes a été officiellement dévoilée ce matin. Son directeur de campagne, Christopher Gyges, a détaillé un programme articulé autour de trois grandes priorités : sécurité, emploi et cohésion calédonienne.
C’est dans un esprit d’unité que les quatre partis constitutifs de l’union des Loyalistes et du Rassemblement ont présenté ce matin leur liste commune pour les élections provinciales du 28 juin en province Sud. Emmenée par Sonia Backes, la liste se veut représentative de la diversité calédonienne — en âge, en origines culturelles et ethniques, et en expériences — mêlant élus chevronnés et nouveaux visages. On y note, en fin de liste, une surprise : la présence de « Jo » Peyronnet, maire de Moindou, qui a décidé de rejoindre l’union qu’il estime, à présent, d’une absolue nécessité.
Un programme en trois axes
Après une présentation individuelle de chaque candidat, c’est Christopher Gyges, directeur de campagne, qui a endossé la tâche de présenter l’ossature programmatique. Douze propositions phares et sept grands chantiers d’infrastructure structurent un projet qu’il a voulu ancrer dans les réalités concrètes vécues par les Calédoniens depuis les émeutes de mai 2024.

Sécurité d’abord. La liste place la sécurité des biens et des personnes en tête de ses priorités, la qualifiant de « droit fondamental » et de « condition à la relance économique ». « Les Calédoniens, après ce qu’ils ont subi, ont le droit à ça », a affirmé Christopher Gyges. C’est aussi, selon lui, un préalable au retour des habitants partis depuis les troubles.
Redonner du travail. Avec plus de 10 000 emplois perdus depuis les émeutes, la question de l’emploi constitue le deuxième pilier du programme. La liste promet des mesures de relance économique articulées autour d’une baisse des dépenses publiques, d’une réduction de la fiscalité, d’une amélioration de la compétitivité des entreprises et d’un allègement du coût du travail. Sur le nickel, Christopher Gyges a annoncé une doctrine radicalement différente de celle en vigueur, destinée à « recréer de la valeur nickel en Nouvelle-Calédonie ». L’agriculture, le tourisme et l’ouverture aérienne figurent également au programme, de même qu’un vaste plan de simplification administrative avec la mise en place d’un guichet unique pour les entreprises.
Retrouver une vie sereine. Le troisième volet touche au quotidien des familles. La liste propose notamment une carte santé calédonienne assortie d’un numéro unique, un passe transport, ainsi qu’une politique du logement réorientée vers l’accession à la propriété, y compris pour les classes moyennes. Sur la question de la garde d’enfants — dont le coût peut atteindre 80 000 francs par mois en crèche — la liste annonce un soutien financier aux familles, financé par des sources identifiées, afin de lever ce frein au retour à l’emploi.
La jeunesse et l’école au cœur du projet
La liste réserve une place particulière à la jeunesse, avec des aides au permis de conduire, un soutien à l’équipement informatique des étudiants et une reconnaissance des créateurs de contenus numériques. Ces aides seront toutefois conditionnées à un engagement citoyen : « Nous concevons une jeunesse qui ne reçoit pas des aides sans contrepartie », a précisé le directeur de campagne.
L’école fait l’objet d’engagements spécifiques : amélioration des conditions de travail des enseignants, poursuite de la climatisation des établissements et ambition affichée de faire de l’école un véritable ascenseur social. Le sport et la culture sont présentés comme des vecteurs d’insertion et de fierté identitaire.
Des infrastructures structurantes
Parmi les sept grands chantiers annoncés figurent la réalisation d’une route à deux fois deux voies jusqu’à l’aéroport de Tontouta, le développement d’infrastructures à Thio, la création d’aires de loisirs à La Foa et à Dumbéa, ainsi que la construction d’une station de transfert d’énergie par pompage. Ce dernier projet est présenté comme un levier de diversification économique et de « verdissement » de la production d’énergie et de la filière nickel.
Un programme « financé »
Sur la question du financement, Christopher Gyges a insisté sur la rigueur de l’approche : les mesures seront couvertes par des économies sur les dépenses des collectivités et par les recettes fiscales supplémentaires générées par la reprise de la croissance. La liste se prévaut par ailleurs d’avoir déjà obtenu du gouvernement national un engagement sur le désendettement de la Nouvelle-Calédonie.
« C’est un programme dense, sur lequel nous détaillerons les choses au fil des prochaines semaines », a conclu Christopher Gyges, avant de rappeler la vision qui sous-tend l’ensemble : « Retrouver la fierté d’être calédonien et français. »





