Jean-Luc Mélenchon entame sa quatrième campagne présidentielle avec, dans ses bagages, un programme pour l’outre-mer qui se veut émancipateur. Mais à y regarder de plus près, les positions du fondateur de La France Insoumise révèlent des contradictions profondes tutoyant des incohérences — et soulèvent des questions de fond sur la conception même de la République qu’il prétend présider.
Un candidat à la présidence qui s’engage à réduire le territoire national
La contradiction première est d’ordre constitutionnel. Jean-Luc Mélenchon brigue la fonction de chef de l’État français, dont l’une des missions fondamentales est de garantir l’intégrité du territoire de la République. Or, dans son discours de Saint-Denis, il affirme sans ambages que la Nouvelle-Calédonie « ira vers l’indépendance » s’il est élu. Non pas qu’elle pourra y aller, non pas qu’elle sera libre de le faire — mais qu’elle ira. Un futur catégorique, sans condition, sans nuance. De la bouche d’un candidat à la présidence de la République française, la formule a de quoi interroger : peut-on briguer la magistrature suprême d’un État tout en annonçant, avant même d’y accéder, que l’on s’emploiera à en réduire le périmètre ?
Le droit à l’autodétermination… mais pas pour tout le monde
C’est là que le raisonnement de Mélenchon révèle sa plus flagrante incohérence. Pour La Réunion et les Antilles, le leader insoumis se montre prudent, presque scrupuleux : l’autonomie ne sera envisagée « que quand et seulement quand les populations concernées l’auront souhaité, et au rythme qu’elles auront choisi ». Une formule respectueuse du principe d’autodétermination, on ne peut le nier.
Mais alors, pourquoi ce principe s’évanouit-il dès lors




