Pour Roxane, le chemin a toujours été clair : depuis petite, elle rêve de devenir biologiste marin, spécialisée sur les cétacés. Entre licence de SVT-Environnement à l’UNC, école d’ingénieur à Toulouse, et bientôt le doctorat, nous revenons avec elle sur son projet et son vécu en métropole.
Son bac en poche fin 2021, Roxane effectue environ un semestre à l’UNC, en licence de science de la vie, de la terre et de l’environnement, puis s’envole vers la métropole en août 2022 pour la rentrée. « Je suis entrée à l’Institut National des Sciences Appliquées (INSA) de Toulouse pour un cursus de 5 ans, et j’entrerai bientôt en 4e année », explique-t-elle.
Un départ difficile
Si aujourd’hui, tout roule pour Roxane, ça n’a pourtant pas toujours été le cas. « Lorsque je suis partie en 2022, j’avais absolument toutes mes attaches en Calédonie », se rappelle-t-elle. Famille, amis, petit ami… Difficile de laisser tout cela derrière. « On a profité à 200%. Je ne voulais pas abandonner tout ça, tous ces gens, tous ces moments, cette île. J’ai très mal vécu mon départ, je me souviendrai toute ma vie de la douleur que c’était », ajoute Roxane. Même une fois en France, il est compliqué pour elle de remettre le pied à l’étrier après un tel changement de vie. Elle a du mal à travailler à nouveau, à se faire de nouveaux amis. « Les gens ne peuvent pas comprendre la vie en Calédonie, affirme-t-elle. C’est ça le plus dur, se rendre compte que les gens sont différents, mais que ça n’empêche pas d’avoir des affinités ».
Une vie nouvelle
Heureusement, Roxane est parvenue à remonter la pente, à s’adapter à sa vie à Toulouse. Avec le recul, elle se félicite d’avoir osé franchir le pas : « J’ai pu grandir, m’épanouir, m’élever au niveau intellectuel et culturel. Je peux faire les études que j’ai voulues, et ça m’offre beaucoup d’opportunités… comme mon Erasmus ! ». En effet, à la rentrée 2025, Roxane effectuera un échange Erasmus en Norvège.
Ingénieure dans 2 ans,
PUIS le doctorat pour entrer
dans le monde de la recherche
L’avenir, Roxane le voit en mouvement : « L’idéal serait de travailler à la fois sur le terrain et en labo, pour observer et prélever, puis analyser et décoder », précise-t-elle. Pour elle, la suite est déjà toute prévue : « Dans 2 ans je suis diplômée ingénieure, j’aimerais continuer en doctorat pour entrer dans le monde de la recherche ». Si elle a laissé ses claquettes derrière elle, Roxane porte et portera toujours ses manous et ses fleurs dans les cheveux… Mais pour l’instant, pas de projet de retour sur le Caillou. « J’y ai vécu, grandi, j’y suis très attachée, mais j’aimerais pouvoir travailler à l’étranger pour observer, apprendre différemment », justifie-t-elle.

Son conseil, pour ceux qui comptent aussi partir aux études : s’engager pleinement. « Impliquez-vous dans des associations, vous rencontrerez des gens avec qui vous partagez vos intérêts », recommande-t-elle. C’est d’ailleurs ce qu’elle fait, en travaillant à un meilleur encadrement des soirées étudiantes : « J’ai notamment suivi des formations sur les violences sexistes et sexuelles », précise-t-elle.
Alors que certains étudiants sont sur le point de prendre l’avion pour démarrer la grande aventure des études, Roxane lance un dernier conseil : « Essayez de voir au-delà des différences, et de voir tout ce qu’elles peuvent vous apporter ».
Loup Raffard-Artigue




