HÔPITAL PUBLIC EN NOUVELLE-CALÉDONIE : UNE RÉFORME STATUTAIRE POUR ATTIRER ET RETENIR LES MÉDECINS
Face à une crise de recrutement qui fragilise durablement le système de santé calédonien, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a adopté, après avis du Conseil d’État, un projet de loi du pays réformant en profondeur le statut des praticiens hospitaliers. Deux leviers principaux sont actionnés : une décentralisation de la gestion des carrières et l’ouverture, inédite sur le territoire, à l’exercice d’une activité libérale en parallèle de l’activité hospitalière.
Un système hospitalier sous tension
Le constat dressé par le gouvernement est sévère. Les hôpitaux calédoniens peinent à recruter médecins, dentistes et pharmaciens dans un contexte de pénurie nationale, aggravé par une attractivité territoriale insuffisante. Le cadre statutaire actuel, centralisé au niveau du gouvernement, manque de réactivité face aux besoins immédiats des établissements. À cela s’ajoute une singularité calédonienne pénalisante : contrairement à ce qui existe dans l’Hexagone, les praticiens hospitaliers ne peuvent pas exercer d’activité libérale en parallèle de leurs fonctions publiques. Une restriction qui dissuade nombre de spécialistes de haut niveau de s’installer sur le territoire.
Décentraliser pour gagner en agilité
La première réforme structurelle du texte vise à transférer la compétence de nomination et de titularisation des praticiens hospitaliers du gouvernement vers les directions des établissements eux-mêmes. Concrètement, les directeurs d’hôpitaux assureront directement la gestion de carrière de leurs praticiens, en cohérence avec leur projet d’établissement. Cette mesure doit permettre de raccourcir les délais de recrutement, de favoriser la mobilité des personnels soignants et d’alléger la charge administrative qui pèse actuellement sur les services centraux de la Nouvelle-Calédonie. Elle vise également à améliorer la capacité de réponse des hôpitaux face aux situations d’urgence en matière de ressources humaines médicales.
L’activité libérale parallèle : une rupture majeure
C’est sans doute la mesure la plus significative — et la plus symbolique — du projet




