Le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie a adopté un projet de loi du pays modifiant le code minier ainsi que sa délibération d’application. Ces textes, soumis préalablement à l’avis du Conseil d’État et du Conseil économique, social et environnemental de la Nouvelle-Calédonie, permettront de déroger temporairement à l’interdiction d’exporter depuis les réserves géographiques métallurgiques. Une décision permettant d’apporter un ballon d’oxygène pour un secteur minier sous pression depuis plus d’une décennie.
Des réserves créées pour protéger l’outil industriel local
Pour comprendre la portée de cette réforme, il faut revenir sur la nature même des réserves géographiques métallurgiques. Introduites par le schéma de mise en valeur des richesses minières de la Nouvelle-Calédonie, ces zones ont été conçues pour préserver des gisements à fort potentiel, capables d’alimenter les projets métallurgiques locaux en priorité. L’objectif était clair : garantir la pérennité des investissements industriels réalisés sur le territoire tout en consolidant le secteur minier et métallurgique calédonien. Dans cette logique de protection, un régime d’interdiction stricte d’exportation avait été instauré sur l’ensemble de ces zones.
Le gouvernement a délimité par arrêté trois réserves géographiques métallurgiques : celle de Tiébaghi, celle de Koniambo et celle du Sud latéritique. Chacune alimente aujourd’hui une unité métallurgique implantée localement, et les ressources disponibles dans ces massifs sont estimées suffisantes pour répondre aux besoins de ces usines pendant encore 10 à 20 ans, voire davantage.
Une concurrence mondiale qui asphyxie la filière
Le contexte dans lequel s’inscrit cette réforme est celui d’une industrie du nickel calédonien sous le feu d’une concurrence internationale redoutable. Depuis plus de dix ans, la montée en puissance de la production chinoise, puis indonésienne, a profondément bouleversé les équilibres mondiaux, provoquant la fermeture de nombreuses unités métallurgiques à travers le monde et l’effacement d’environ 20 % des capacités de production mondiale. Les usines calédoniennes, dont les coûts de production sont structurellement élevés, peinent à trouver un chemin vers la rentabilité dans cet environnement.
Un régime dérogatoire strict et encadré
Pour offrir aux métallurgistes calédoniens une perspective de retour à l’équilibre économique, le texte introduit un régime d’exception




