Il existe, en Nouvelle-Calédonie, une culture régionale française, la culture calédonienne. Livres, théâtre, cinéma, poésie, cuisine ou traditions s’expriment évidemment en langue française. Mais ce « français calédonien » possède ses accents, ses tournures de phrases et son vocabulaire particulier. Ainsi, un Parisien, un Marseillais ou un Réunionnais auront du mal à comprendre l’intégralité des aventures de “Tonton Marcel”. Un mot du lexique calédonien aujourd’hui : BLÉQUER OU SE FAIRE BLÉQUER !
Et là, Matelots, vous rentrez dans le dur du parler français de Calédonie, après le nom endémique du trapard, qu’on a vu la dernière fois. Celui-là aussi, vous pouvez le chercher – chez nous, on dit « fouiller »- dans le Larousse, le Petit Robert, le Gros Robert ou encore le Moyen Lolo : vous le trouverez pas. Alors, c’est quoi ce mot ?
D’abord, Matelots, pour bien comprendre, faut que vous ayez joué aux billes quand vous avez été gôsses. C’est la base. C’est dans les cours d’école qu’on apprenait à dire ce mot.
Alors, je vais vous la faire sous la forme d’une histoire.
C’est la récré. Jojo et Dédé sont dans la cour, et ils ouvrent leur sac de billes.
– On joue à la tapette ? demande Jojo`
– Ok, répond Dédé. Mais on joue que des billes caca. Pas de calots, pas de billes en ace.
– Ça marche !
Les deux gamins se mettent devant le mur des lavabos et tracent un trait sur le sable.
– Je commence, dit Jojo, en lançant une bille caca contre le mur.
Au bout de cinq minutes, Dédé a démontré son adresse. Après quelques tapettes infructueuses de part et d’autres, il se met à toucher une à une les billes non loin du mur. Résultat : rapidement, Jojo n’a plus de billes en jeu.
– Hé, je t’ai bien bléqué, s’exclame son copain Dédé.
– Ouais, ouais, je me suis fait Ce contenu est réservé aux abonnés
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