Il existe, en Nouvelle-Calédonie, une culture régionale française, la culture calédonienne. Livres, théâtre, cinéma, poésie, cuisine ou traditions s’expriment évidemment en langue française. Mais ce « français calédonien » possède ses accents, ses tournures de phrases et son vocabulaire particulier, son argot. Ainsi, un Parisien, un Marseillais ou un Réunionnais auront du mal à comprendre l’intégralité des aventures de “Tonton Marcel”. Un mot du lexique calédonien aujourd’hui : “va te laver !”
Je vais aujourd’hui vous parler d’une expression particulière qui est « va-te-laver ».
Elle existe dans le français standard où un va-te-laver signifie une baffe, un aller-retour, et à l’extrême, un coup de poing, quoi !
On la trouve ainsi chez Emile Zola, dans l’Assommoir (1877). Je cite : “et il regardait les gens, tout prêt à leur administrer un va-te-laver, s’ils s’étaient permis la moindre rigolade”. L’expression est donc ancienne.
Elle est présente aussi dans Il n’est pas distingué, de FRÉHEL Marguerite Boulc’h ([1934]) : Soufflet (ou pour envoyer promener un gêneur) ; coup, gifle. “Et quand une poule se goure que j’vais les envoyer j’lui file en poire un va-te-laver”.
On la trouve dans l’argot des faubouriens, cité par l’écrivain journaliste Delvau, auteur du dictionnaire de la langue verte, et mort en 1867. “Allez vous laver”, c’est “allez-vous-en”.
L’expression est reprise par Lucien Rigaux, auteur du dictionnaire d’argot moderne en 1881.
En Nouvelle-Calédonie, va-te-laver exprimer le refus familier et très ferme.
– Tu veux pas qu’on fasse quelques exercices de math samedi après midi ?
– Hé va-te-laver.
Dans la même veine, on trouve d’autres locutions imagées, genre : Calice !Tu vois les rats, va baigner, ou encore va mourir !
Cela ne s’arrête pas là. Certaines expressions sont bien corsées. Mais j’y reviendrai.En attendant, on me dit d’aller baigner. Alors, Tata.
L’Amiral du Port Despointes




