CRISE POLITIQUE EN POLYNÉSIE : UNE MAJORITÉ DE L’ASSEMBLÉE REJETTE LE COLLECTIF BUDGÉTAIRE
Le deuxième collectif budgétaire de la Polynésie française a été rejeté vendredi par l’Assemblée, mais ce vote est presque passé au second plan. Au fil de plus de quatre heures de débats, les échanges se sont transformés en véritable règlement de comptes entre le président du Pays, Moetai Brotherson, et son propre parti, le Tavini Huiraatira. En toile de fond, la figure d’Oscar Temaru, absent de l’hémicycle mais omniprésent dans les discussions.
Le texte, qui portait essentiellement sur le report de quelque 42 milliards de francs de crédits déjà votés, était présenté par le gouvernement comme une simple mesure technique. Pourtant, il a rapidement servi de support à une confrontation politique ouverte. Le revirement du Tavini en a été le premier signe : après avoir voté contre le collectif en première lecture le 26 juin, le groupe s’est cette fois majoritairement abstenu. Seul Oscar Temaru, par procuration, a voté en faveur du texte, tandis que deux élus ont maintenu leur opposition.

La séance a été marquée par de nombreuses critiques de l’opposition. Édouard Fritch a dénoncé une réunion ressemblant davantage à « un comité de majorité » qu’à une véritable séance parlementaire, tandis que Lana Tetuanui a estimé assister à « presque un conseil politique du Tavini ».
Descendu du perchoir pour prendre la parole, le président de l’Assemblée, Antony Géros, a consacré l’essentiel de son intervention au communiqué publié la veille par le Tavini, justifiant la décision du parti de constater la « démission d’office » de Moetai Brotherson. À partir de ce moment,




