Il existe, en Nouvelle-Calédonie, une culture régionale française, la culture calédonienne. Livres, théâtre, cinéma, poésie, cuisine ou traditions s’expriment évidemment en langue française. Mais ce « français calédonien » possède ses accents, ses tournures de phrases et son vocabulaire particulier. Ainsi, un Parisien, un Marseillais ou un Réunionnais auront du mal à comprendre l’intégralité des aventures de “Tonton Marcel”. Un mot qui fait partie du lexique calédonien depuis 1972 : l’Achatina !
L’aut’ jour, je vous ai parlé du bulime, la pépite gastronomique de l’Ile des Pins. Je vais aujourd’hui vous mettre un autre escargot sur le plat : l’Achatina Fulica. Bon, je vous l’accorde, vous n’avez probablement pas envie de le boulotter. Mais pourtant, il a eu son heure de gloire sur le territoire, après son introduction en 1972.
Même qu’un Haut-Commissaire en avait une fois organisé sa dégustation avec quelques aficianados du Boulevard Vauban. Et qu’un élu, alors notoire, avait projeté de le mettre en conserve dans une usine ! Je rigole pas. Recherchez dans les programmes des partis dans les années 70, et vous verrez.
L’achatina n’a évidemment pas la même réputation que le bulime chez nous. D’abord, cet escargot est maousse : il peut atteindre les 20cm, soit le double de la taille d’un bulime. Et puis, autant le bulime est recherché dans l’assiette, autant l’Achemina est considérée comme un nuisible.

Originaire d’Afrique -on le surnomme le géant d’Afrique-, et plus spécialement du Kenya et de la Tanzanie, herbivore et vorace, il est considéré comme un fléau pour les cultures. Il peut transmettre des vers parasitaires microscopiques qui causent des méningites. Un phénomène classique chez tous les mollusques. Les limaces aussi sont concernées, c’est pour cette raison que l’on recommande d’éviter de les toucher ou de bien se laver les mains.
Alors, si l’envie persiste de les manger, il faut vraiment bien les faire cuire. Il peut aussi servir à l’alimentation animale, pour les élevages de cochons ou de poules par exemple. Et comme les coquilles sont riches en calcium, les animaux peuvent aussi profiter de cet apport très utile.
Mais pourtant, ouvrez bien vos yeux : la bave d’Achatina pourraient voir des vertus cosmologiques exceptionnelles. Ce n’est pas nouveau : les premières traces de l’utilisation de la bave d’escargot à des fins médicinales et cosmétiques remontent à l’Antiquité. Hippocrate, le père de la médecine moderne. Il avait même recommandé l’utilisation de la boue d’escargot pour traiter les blessures et les inflammations de la peau !
Et puis, un projet industriel est né pour commercialiser la bave de l’Achatina pour des traitements anti-âges. C’est le très sérieux journal La Tribune de Genève qui y consacre un article. “A l’origine du projet, Kitpong Puttarathuvanun, un ingénieur ayant eu le flair de fonder la firme cosmétique Aden, qui a le monopole du marché en Thaïlande. Il a eu l’idée d’utiliser ces escargots géants africains, Achatina Fulica, Ce contenu est réservé aux abonnés
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