En Nouvelle-Calédonie, le « français calédonien » est la langue maternelle de la plupart des Calédoniens, les Kanak ayant leurs propres langues maternelles. La culture régionale calédonienne, au travers des livres, du théâtre, du cinéma, de la poésie, de la cuisine ou des traditions calédoniens s’exprime en français, mais ce « français calédonien » possède ses accents, ses tournures de phrases et son vocabulaire particulier. Ainsi, un Parisien, un Marseillais ou un Réunionnais auront du mal à comprendre l’intégralité des aventures de “Tonton Marcel”. Pour découvrir ce parler français de Calédonie, Matelots, je vais vous présenter aujourd’hui un mot de son lexique : « Chtar » combiné avec son verbe qui lui, est endémique, « Chtarer.
Dans le français standard, et en argot, le mot chtar existe, faut pas se mentir. Il a 4 significations.
Un : il veut dire Prison – Je cite Niro, de son vrai nom Nouredine Bahri , rappeur : Heureusement on n’est pas des kouffars, sinon on s’allumeraient tous | On finirait tous au chtar avec des peines de bâtards.
Deuxième sens : Policiers – Je cite, Amine rappeur Adam Aminé Daniel – Je m’enfuis, plus vite, car les chtars me poursuivent.
Enfin, dernier sens, un Bouton, un furoncle – Tu veux qu’je vienne en boîte avec toi, t’es ouf ? Avec les chtars que j’ai sur la gueule, j’vais trop m’afficher !
Troisième sens, plus classique : un Coup dans le sens de prendre ou de donner un coup – Je cite San Antonio – T’occupe pas, je suis assuré tous risques. Tu fais mine de vouloir te garer, tu manœuvres comme une gourde et t’emplâtres l’engin, O.K. ? Je veux que la péteuse dérouille. Le tout beau chtar bien saignant, tu piges ? – On peut supposer ainsi que chtar est dérivé de « un jeton », prononcé « un ch’ton », argotisé en « ch’tar » devenant ainsi « chtar ».
Dans le français de chez nous, en Calédonie, le seul sens retenu du français standard est « un coup » : « J’voulais les séparer et j’ai pris un chtar dans la gueule ». En revanche, nous avons enrichi la culture de ce mot en créant un verbe : chtarer ! Voyons donc les significations locales.
Un premier sens est « se faire punir ».
« J’ai pas fait mon devoir de maths, je me suis fait chtarer : j’ai pris 2 heures de colle ! ».
La punition peut être une amende. « J’allais trop vite, je me suis fait chtarer par les flics ».
Enfin, chtarer signifie « se faire prendre« . « Les cambrioleurs se sont fait chtarer par la Bac ».
Ou encore, quand on a malencontreusement rencontré un nid de guêpe dans la brousse ou dans le jardin, et c’est probablement le sens le plus usité : » L’engin, je me suis fait chtarer par une guêpe jaune ! ».
Bon si vous vous êtes garés pour m’écouter, n’oubliez pas de mettre votre ticket de stationnement. Ça vous évitera de vous faire chtarer ! Tata.
L’Amiral du Port Despointes




