Plus de deux siècles après la disparition de l’expédition La Pérouse, la marine nationale française a renoué avec les eaux des Îles Salomon. Le bâtiment de soutien et d’assistance outre-mer (BSAOM) d’Entrecasteaux a fait escale à Honiara le samedi 6 juin, avant d’appareiller lundi matin pour Vanikoro, dans la province de Temotu, où une cérémonie commémorative était programmée le mercredi 10 juin.
Un hommage à l’une des plus grandes énigmes de l’histoire maritime française
Le 6 août 1788, La Boussole et L’Astrolabe — les deux navires de l’explorateur Jean-François de Galaup, comte de La Pérouse — disparaissaient corps et biens dans les récifs de Vanikoro. Partis de Brest en 1785 pour un tour du monde scientifique et diplomatique commandité par Louis XVI, les deux frégates et leurs équipages ne donnèrent plus jamais signe de vie. Le mystère de leur sort ne fut élucidé que des décennies plus tard, lorsque le navigateur irlandais Peter Dillon identifia formellement le lieu du naufrage en 1827.
Depuis lors, la France n’a jamais cessé d’entretenir la mémoire de cette expédition tragique, qui reste l’une des pages les plus marquantes de son histoire maritime. Des missions archéologiques sous-marines ont régulièrement été conduites sur les épaves, avec le soutien constant des autorités françaises.
Une première visite depuis trois ans
La démarche revêt une dimension symbolique particulière cette année : aucun navire militaire français n’avait mouillé aux Îles Salomon depuis trois ans. Le déploiement du d’Entrecasteaux marque donc un retour attendu, rendu possible dans le cadre de la mission du Partenariat Pacifique, initiative de coopération régionale à laquelle la marine française participe activement. À bord, l’équipage porte un nom lui-même chargé d’histoire : c’est en effet Bruny d’Entrecasteaux qui, en 1791, avait été




