Le dépôt de la liste de l’Union Nationale pour l’Indépendance en province Nord n’est pas un acte anodin. C’est un signal politique fort, peut-être le plus décisif de cette campagne provinciale, dont les conséquences dépassent de loin le simple jeu des investitures. En écartant Jean-Pierre Djaïwe et les élus signataires de l’accord de Bougival, Paul Néaoutyne n’a pas seulement repris le contrôle de son parti. Il a, en quelque sorte, rebâti le mur indépendantiste contre le seul accord institutionnel qui paraissait susceptible de faire bouger les lignes. En en arrière-plan, refait surgir l’opposition à des mesures attendues pour le sauvetage de la filière nickel. Décryptage.
Bougival : l’accord orphelin
Rappelons la situation telle qu’elle était il y a encore quelques semaines. L’accord de Bougival bénéficiait d’un soutien qui transcendait, pour une fois, la ligne de fracture historique entre indépendantistes et loyalistes. L’UNI, l’une des deux grandes formations du mouvement indépendantiste, défendait cet accord aux côtés des partis non-indépendantistes. Le FLNKS, seul opposant déclaré, se retrouvait isolé dans son refus. Cette configuration avait certes suffi à geler toute discussion à l’Assemblée nationale, les parlementaires invoquant l’absence d’un « accord global » pour reporter le vote du projet de loi constitutionnelle. Mais elle laissait entrevoir, à terme, une possible sortie par le haut.
Tout cela semble aujourd’hui révolu. Avec la liste déposée par Paul Néaoutyne,




