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    DE LA PLACE DES FIACRES À LA PLACE DE LA PAIX, EN PASSANT PAS LES PÈRES NOËL DE LA MAISON BARRAU : LA PLACE DES COCOTIERS, TÉMOIN DE 150 ANS D’HISTOIRE

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    Depuis l’après-guerre, la Place des Cocotiers a confirmé son importance comme lieu de vie de la cité, mais également, siège d’un certain nombre d’événements de la Nouvelle-Calédonie. Bien sûr, ce centre du centre-ville est demeuré le point de départ des transports publics nouméens, bien que l’avènement du Néobus ait, depuis quelques années, déplacé la gare vers la baie de la Moselle. Jusqu’à une période récente, c’était « la place des beusses », à l’époque du légendaire « baby car ». En revanche, elle est restée « la place des taxis », stationnés quasiment au même endroit depuis des lustres. Cet espace public est aussi devenu un lieu d’événements marquants, au fil des décennies, et même si aux occasions très officielles, la « Place Bir Hakeim » lui vole la vedette.

    Il y eut d’abord les arrivées du Père Noël. Dans les années 50, l’auguste personnage apparaissait chaque année sur la devanture du premier étage de la Maison Barrau, saluant les enfants enthousiastes, et distribuant des bonbons de cette hauteur. Un événement magique du 24 décembre de cette époque-là, qui attirait tous les habitants de la ville, se pressant sur la Place des Cocotiers.

    On retiendra ensuite, dans la période plus contemporaine, plusieurs situations, de troubles comme de fêtes, qui ont animé l’espace emblématique de la capitale.

    En 1974, de jeunes Kanak radicaux fondent le groupe 1878, proche des Foulards Rouges de Nidoishe Naisseline. Ils créeront le Palika. Cette année là, ils peinturlurent la statue du gouverneur Olry, érigée dans le square qui porte alors son nom, et qui célébrait la rédition d’Aitaï à l’issue de la révolte de 1878.  Dans la nuit du 27 au 28 décembre 1975, des troubles éclatent sur la Place des Cocotiers. Au cours de l’intervention des forces de l’ordre, un policier tire un coup de feu, atteignant mortellement un jeune Kanak, Richard Kamouda. Ce sera l’affaire Kamouda qui placera des projecteurs néfastes sur la Place.

    Au début des événements de 1984, nouvelles séquences de violence sur la Place des Cocotiers. Un sit-in organisé par le FLNKS est dispersé sans ménagements par les forces de sécurité. L’image fera le tour du monde.

    Mais fort heureusement, viendra ensuite le temps de l’apaisement. Après l’installation de la province Sud, l’une des collectivités issues du statut fédéral de la Nouvelle-Calédonie voulu par les signataires des Accords de Matignon, l’équipe de Jacques Lafleur décide la création d’une manifestation destinée à l’animation touristique à l’Anse Vata. C’est l’Office du tourisme qui est chargée de la mise en œuvre de ce qui sera dénommé « Les Jeudi de l’Anse Vata », situés en face des hôtels Nouvata et Lantana.

    Le succès est immédiat, du côté des exposants comme du public, constitué alors aussi bien de Nouméens que de touristes en quête de souvenirs et de photos. Un succès tel qu’il ne tarde pas à provoquer des embouteillages, et la grogne de ceux qui ne sont pas amateurs des « Jeudi de l’Anse Vata ».

    En ces années, le centre-ville est totalement « mort », et les animations n’ont guère cours en raison des craintes de violence, dans le souvenir de celles qui avaient mis fin à la traditionnelle « Grande Braderie de Nouméa ». La province Sud décide d’y transférer les « Jeudi de l’Anse Vata » pour en faire les « Jeudi du centre-ville ». L’ambition : y créer une animation hebdomadaire. La réaction des commerçants est d’ailleurs mitigée. Certains se réjouissent de cette initiative. D’autres craignent que la manifestation entraîne des désordres à l’ordre public dans la soirée.

    La province Sud persiste. Elle y met les moyens pour assurer la promotion de ces nouveaux « Jeudi », investit pour les y installer dans les meilleures conditions, et assure les commerçants que tout sera mis en œuvre pour éviter les débordements.

    Bien lui en a pris. Les « Jeudi du centre-ville » connaissent, depuis, un succès jamais démenti. Ils ont donné à la Place des Cocotiers une partie de sa vocation de loisir et de rencontres, et peuvent draîner d’importants publics qui s’ajoutent à bien d’autres événements suscité par la Ville de Nouméa, depuis les déplacements « en mode doux », jusqu’aux vide-greniers … qui font le plein.

    La Place de la Paix, enfin, marque de son empreinte la Place des Cocotiers, en célébrant le respect et la concorde. Une initiative qui replace les lieux dans l’actualité récente, après le temps des « squares » ancrés dans le passé de la Ville.

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