Toyota est de retour au sommet. Après trois années de domination par Ferrari, l’écurie japonaise a renoué ce dimanche avec le succès aux 24 Heures du Mans, au terme d’une course haletante qui n’a livré son verdict qu’à quelques tours du drapeau à damier.
C’est l’équipage de la Toyota n°7 — Mike Conway, Kamui Kobayashi et Nyck De Vries — qui s’est imposé, devançant la BMW n°20 (Frijns, Rast, Van der Linde) et l’autre Toyota engagée, la n°8 (Buemi, Hartley, Hirakawa), les trois voitures étant séparées de moins de vingt secondes à l’arrivée. Pour Kobayashi, il s’agit d’un deuxième succès manceau, après celui de 2021.
Une stratégie de patience payante
Parties respectivement en 14e et 15e positions sur la grille, les deux Toyota avaient d’emblée choisi de jouer la carte des longs relais plutôt que de chercher à briller en qualification. Un premier arrêt dès la 30e minute de course avait illustré cette philosophie décalée. La remontée fut ensuite progressive mais inexorable, dans un combat à quatre mené de longue haleine face aux Cadillac n°12 et n°38 et à la BMW n°20.
Le scénario s’est encore compliqué dans le dernier tiers de course : une safety car déployée peu après 10 heures du matin a remis les compteurs à zéro, et c’est la Cadillac qui en a profité pour s’emparer de la tête. À quatre heures de l’arrivée, les voitures de tête se tenaient encore en cinq secondes. Mais peu avant 13 heures, la vitesse de pointe supérieure des Toyota a fait la différence, leur permettant de fondre sur la Cadillac n°12 et de prendre définitivement les commandes. La consigne interne a ensuite été respectée : la n°7 passait devant sa jumelle. Seule la BMW n°20 est parvenue à s’intercaler entre les deux Toyota dans l’ultime heure de course.
Le podium du retour manqué de peu
Toyota rate néanmoins le doublé pour quelques secondes — une performance qu’elle avait réalisée en 2018, 2019, 2021 et 2022. Du côté français, Norman Nato signe le meilleur résultat tricolore en terminant quatrième avec la Cadillac n°12, à seulement 32 secondes des vainqueurs. L’Alpine n°35 (Da Costa, Milesi, Habsburg) prend la sixième place après avoir longtemps navigué entre la quatrième et la septième position. L’autre Alpine (Makowiecki, Gounon, Martins) finit dixième, dans ce qui constitue la dernière participation de l’écurie française avant la fin de son programme d’endurance — une page qui se tourne pour le sport automobile tricolore.




