La mise en œuvre des travaux de confortement du barrage hydroélectrique de Yaté a été actée afin de garantir la pérennité de l’ouvrage et la sécurité des populations vivant en aval. Actif stratégique qui assure une part majeure de l’autonomie énergétique de la Nouvelle-Calédonie, le barrage nécessite une intervention technique de grande envergure.
Un déplacement structurel lent mais irréversible
Depuis plusieurs décennies, des expertises ont mis en évidence des déplacements structurels lents de la voûte vers l’aval — de l’ordre de 55 mm en crête — causés par le fluage de la fondation rocheuse. Si ces mouvements ne présentent pas de danger immédiat de rupture, ils justifient des travaux de confortement pour pérenniser l’ouvrage à long terme.
La solution retenue, conçue par le centre d’ingénierie hydraulique d’EDF, consiste en la construction d’une structure massive en béton positionnée juste en aval de la voûte actuelle. Ce nouveau support agira comme une butée de pied capable d’absorber une partie des efforts liés à la poussée de l’eau. Entre les deux ouvrages, des compartiments remplis d’eau feront office de « coussins » amortisseurs, protégeant également le barrage contre d’éventuels séismes.
Le Comité technique permanent des barrages et des ouvrages hydrauliques (CTPBOH) a rendu un avis favorable sur ce projet le 19 mars 2026, validant la solution technique proposée par Enercal.
Un cadre réglementaire précis
Enercal devra inscrire la réalisation des travaux dans le dossier technique validé et les recommandations des experts du CTPBOH. Il instaure une obligation d’information sur le déroulement du chantier, notamment sur les conclusions du plot d’essai — une maquette indispensable pour valider la faisabilité des compartiments hydrauliques avant leur généralisation.
La mise en service du confortement est fixée au 1er mars 2031, date coïncidant avec la fin de la concession. Une nouvelle étude de dangers devra être réalisée entre 2027 et 2030.




