La France est frappée depuis le 17 juin par une vague de chaleur d’une intensité que Météo-France qualifie d’« exceptionnelle, similaire à celle d’août 2003 » — la canicule qui avait fait près de 15 000 morts sur le territoire. Si sa durée reste encore incertaine, ses effets, eux, sont déjà dramatiques : records de température, fermeture d’écoles, suppression de trains et 90 % de la population française exposée à des chaleurs extrêmes.
Des records et une carte quasi entièrement rouge
Ce mardi, 54 départements ont été placés en vigilance rouge par Météo-France et 35 autres en orange — du jamais-vu dans l’histoire de la vigilance météorologique française. La veille, le thermomètre oscillait entre 36 °C et 43 °C à travers le pays. Face à ces températures, les autorités ont été contraintes de fermer des établissements scolaires, de supprimer des trains sur plusieurs lignes à risque de déformation des rails, et de multiplier les appels à la prudence envers les populations vulnérables.
Une catastrophe annoncée
Pour les scientifiques, rien de tout cela n’est une surprise. François Gemenne, chercheur et co-auteur du 6e rapport du GIEC, l’a rappelé sans détour sur France 24 : les effets du changement climatique ont été maintes fois signalés et documentés. « Les températures atteintes cette semaine vont devenir la nouvelle norme », a-t-il averti, soulignant que ce qui est vécu aujourd’hui comme un événement exceptionnel sera, dans un avenir proche, une réalité estivale ordinaire.
Adapter ou subir
Le chercheur appelle à engager sans délai des plans d’adaptation à la hauteur des enjeux. Priorité à la rénovation thermique des bâtiments, souvent conçus pour retenir la chaleur plutôt que pour s’en prémunir. Il plaide également pour un débat serein sur la climatisation — des écologistes veulent interdire la clim qui participent, selon eux, au réchauffement climatique — et insiste sur la dimension sociale de la question : ce sont toujours les plus précaires, les personnes âgées isolées, les travailleurs exposés, qui paient le prix le plus lourd des épisodes caniculaires.
Chaque canicule repose la même question : jusqu’à quand la France pourra-t-elle improviser face à des événements que la science annonce, depuis des décennies, comme inévitables et croissants ?




