Aircalin a franchi lundi 6 juillet 2026 une étape majeure de son développement en signant les accords de financement de son premier Airbus A350-900, avec un pool bancaire conduit par le groupe BPCE-Natixis CIB. Cette signature intervient quelques jours seulement après la confirmation, par l’État, de l’éligibilité de l’opération au dispositif de défiscalisation outre-mer, sécurisant définitivement cet investissement stratégique pour la compagnie.
Un montage financier à trois piliers
Le financement repose sur trois composantes. D’abord, un prêt bancaire accordé par un pool mené par Natixis CIB, aux côtés de la Banque calédonienne d’investissement (BCI), de la Banque de Nouvelle-Calédonie (BNC), de la BRED et du CIC. Ensuite, les fonds propres d’Aircalin. Enfin, une aide de l’État sous forme de défiscalisation, d’un montant de 8,4 milliards de francs CFP, soit environ 70,1 millions d’euros.
Pas de recours au budget de la Nouvelle-Calédonie
Point central de l’opération : l’acquisition de ce premier A350-900 a été entièrement structurée sans solliciter la Nouvelle-Calédonie, que ce soit sous forme de participation financière, de garantie bancaire (assurée par un pool d’assureurs spécialisés) ou de contribution exceptionnelle. Les premières études sur le financement des A350-900 avaient pourtant été engagées dès 2023, après la décision du conseil d’administration d’acquérir deux appareils. À la suite des événements de mai 2024, ce schéma financier a été entièrement repensé afin de garantir la réalisation du projet sans mobiliser les finances publiques du territoire.
Un saut technologique pour la flotte long-courrier
Le premier Airbus A350-900 sera livré en décembre 2026, le second à la mi-2028. Comparé aux A330neo actuellement en service sur les lignes long-courrier d’Aircalin, l’A350-900 offre 15 % de capacité supplémentaire pour le fret et les passagers, une consommation de carburant réduite de 25 %, un rayon d’action étendu de 13 300 à 15 000 km, ainsi qu’un confort passager renforcé. Conçu pour assurer la liaison Nouméa-Bangkok-Paris, cet appareil doit renforcer la desserte entre la Nouvelle-Calédonie, le Pacifique, l’Asie et l’Europe, au service du développement économique et touristique du territoire.
Les réactions des partenaires
Pour Georges Selefen, président-directeur général d’Aircalin, cette signature « témoigne de la confiance de nos partenaires bancaires, des investisseurs privés et de l’État dans la solidité de notre modèle économique ». Il souligne le choix d’« un financement responsable » réalisé « sans mobilisation des finances publiques de la Nouvelle-Calédonie ».
Du côté de Natixis CIB, Alain Rousseau, directeur Europe de Transportation Finance, indique que l’opération « est avant tout le reflet de la confiance accordée au modèle économique d’Aircalin, à la solidité de ses résultats [et] à la crédibilité de sa stratégie », à l’issue d’une analyse approfondie menée par le pool bancaire.
Christian Camus, directeur général d’Inter Invest Outre-mer (groupe Elvest), acteur du financement en défiscalisation, évoque de son côté « une stratégie d’anticipation particulièrement remarquable dans un contexte mondial marqué par la forte tension sur les capacités de production des appareils de nouvelle génération ».
Aircalin, fondée en 1983, est la compagnie aérienne internationale de la Nouvelle-Calédonie. Elle emploie 500 salariés et exploite actuellement une flotte de deux Airbus A330neo et deux Airbus A320neo, appelée à s’enrichir de ces deux A350-900.




