DIMANCHE, UN SCRUTIN DONT L’ENJEU SE SITUE BIEN AU DELÀ DES PROVINCIALES

À chaque échéance électorale, il est coutume d’affirmer que le scrutin sera décisif pour l’avenir de la Nouvelle-Calédonie. Cette formule, souvent employée, peut parfois paraître galvaudée. Pourtant, l’élection provinciale de dimanche revêt une portée singulière qui dépasse largement le simple renouvellement des assemblées provinciales.
Pour la première fois depuis la séquence des trois référendums d’autodétermination, les Calédoniens s’expriment dans un contexte politique nouveau. S’y ajoute un autre élément majeur : dans moins d’un an, la France élira un nouveau président de la République. Le paysage politique qui émergera dimanche constituera donc le principal interlocuteur des autorités nationales au moment où devront être prises les décisions les plus importantes concernant l’avenir institutionnel du territoire.
Chaque province dégagera sa propre majorité, absolue ou de coalition. Cette majorité déterminera les politiques locales en matière d’aménagement, d’économie, d’éducation ou encore d’action sociale. Mais c’est au Congrès que se jouera l’essentiel.
La composition de cette assemblée conditionnera la formation du gouvernement et donnera le ton des prochaines négociations avec l’État. Elle dessinera surtout le rapport de force politique qui servira de référence à Paris pour apprécier les aspirations majoritaires des responsables calédoniens.
Deux orientations peuvent se dégager.
La première verrait émerger une majorité dominée par les formations indépendantistes, éventuellement renforcée par des mouvements centristes considérant




