Sept ans après son apparition sur le tarmac de l’aéroport de La Tontouta, le scarabée rhinocéros reste un défi majeur pour la Nouvelle-Calédonie. Face à la prolifération de cette espèce invasive, responsable de la destruction de cocotiers et de palmiers, les autorités misent désormais sur une arme biologique inédite : un virus.
Un virus qui attaque de l’intérieur
Ce virus cible directement le système digestif des scarabées et présente une particularité redoutable : il se propage au sein des populations d’insectes, aussi bien par ingestion que par reproduction. C’est un laboratoire néo-zélandais qui travaille actuellement à sa mise au point, en étroite collaboration avec les autorités calédoniennes. En mai dernier, un scientifique néo-zélandais s’est rendu sur le territoire pour partager son expertise et présenter l’avancée des travaux.
30 millions pour l’IAC
Le 24 juin, le territoire a franchi un pas supplémentaire en autorisant le versement d’une subvention de 30 millions de francs à l’Institut agronomique calédonien (IAC). Cette enveloppe servira notamment à tester l’efficacité des souches de virus sur les scarabées locaux, avant d’envisager la prochaine étape : le lâcher dans l’environnement de spécimens infectés afin de réduire naturellement les populations.
L’IAC explore également d’autres pistes en parallèle. La contamination des insectes par des champignons entomopathogènes fait l’objet d’une convention avec la province Sud, tandis que des pièges à phéromone ont été développés pour capturer un maximum d’individus.
Une menace qui s’étend
Détecté pour la première fois en 2019, le scarabée rhinocéros (Oryctes rhinoceros) n’a pu être éradiqué malgré un programme massif déployé dès sa découverte. Depuis, l’insecte a gagné du terrain : repéré à Thio et Canala sur la côte Est, il a également été signalé à Lifou, faisant craindre une diffusion plus large vers les îles et les pays voisins. Une surveillance renforcée des aéroports, aérodromes et ports a été mise en place pour tenter de contenir sa progression.




